La Galerie Ndayizamba et la Galerie Le Parisien, deux importants centres commerciaux situés au centre-ville de Bujumbura, ont été ravagés par un violent incendie dans la matinée du 21 août 2026. Près d’un millier de commerçants y auraient perdu leurs marchandises, tandis que les équipes de la Protection civile ont éprouvé d’importantes difficultés à maîtriser le sinistre. Plusieurs autorités burundaises se sont rendues sur les lieux afin de constater l’ampleur des dégâts et d’évaluer les mesures à envisager.
C’est vers 6 h 30 qu’un incendie s’est déclaré à la Galerie Ndayizamba, l’un des plus grands centres commerciaux de Bujumbura. Selon des témoins rencontrés sur place, le feu serait parti d’une échoppe située au dernier étage du bâtiment.
Les personnes présentes ont immédiatement donné l’alerte, ce qui a permis une intervention rapide de la police de la Protection civile. Toutefois, les opérations d’extinction se sont révélées particulièrement difficiles en raison de la violence des flammes et de leur propagation rapide.
« Ce feu était violent. Il s’est rapidement propagé à la Galerie Le Parisien, qui se trouve tout près de la Galerie Ndayizamba », raconte un citadin présent sur les lieux.
Il poursuit : « La police a eu beaucoup de difficultés à acheminer l’eau vers les étages de la Galerie Ndayizamba, parce qu’il n’y avait pas suffisamment d’espace pour permettre au véhicule de lutte contre l’incendie de circuler entre les deux centres commerciaux. »
« La police a eu beaucoup de difficultés à maîtriser le feu », déplore un citadin présent sur les lieux
Jusqu’aux environs de 10 heures, le feu restait très actif dans les deux galeries. Les commerçants présents tentaient de sauver une partie de leurs marchandises, avec l’appui de la police et de l’armée qui facilitaient l’évacuation de certains biens tout en veillant à la sécurité des sinistrés. Les forces de sécurité empêchaient également les personnes de retourner dans les bâtiments en flammes au péril de leur vie.
Impuissants face à la destruction de leurs commerces, plusieurs commerçants ont laissé éclater leur détresse. Certains criaient de désespoir, tandis que d’autres s’effondraient au sol sous le choc. Des secouristes de la Croix-Rouge du Burundi avaient également été déployés pour venir en aide aux personnes affectées.
Vers midi, la police, appuyée par l’armée et la Croix-Rouge du Burundi, est finalement parvenue à maîtriser l’incendie. Mais entre-temps, les deux centres commerciaux avaient été presque entièrement détruits par les flammes.
Les réactions des différentes personnalités
« Je n’ose pas imaginer qu’il puisse s’agir d’un incendie d’origine criminelle », a déclaré Prosper Bazombanza
Arrivé sur les lieux, le vice-président de la République, Prosper Bazombanza, a adressé un message de réconfort aux commerçants sinistrés. Il a souligné combien il était préoccupant de constater l’ampleur des pertes occasionnées par cet incendie.
S’exprimant sur l’origine du sinistre, Prosper Bazombanza a déclaré qu’il n’osait pas imaginer qu’il puisse s’agir d’un acte criminel. Selon lui, l’incendie pourrait avoir été provoqué par un fer à repasser contenant de la braise qui aurait été laissé dans l’une des échoppes de la Galerie Ndayizamba.
Le vice-président a également rappelé aux commerçants l’importance de recourir aux sociétés d’assurance afin de mieux se prémunir contre ce type de catastrophe. Il a par ailleurs exhorté les constructeurs de centres commerciaux à prévoir des voies d’accès permettant aux camions de lutte contre les incendies d’intervenir efficacement en cas de sinistre.
Un commerçant ayant perdu tous ses biens, interrogé par la presse, a confié qu’il ne savait plus vers qui se tourner après ce drame. Selon lui, son commerce représentait l’unique source de revenus lui permettant de nourrir et de prendre en charge sa famille. Il a lancé un appel aux personnes de bonne volonté afin qu’elles viennent en aide aux victimes.
Les larmes aux yeux, de nombreux commerçants qui exerçaient dans ces deux centres commerciaux n’ont même pas trouvé la force de s’exprimer devant la presse.
« Que le Président de la République convoque en urgence une réunion de sécurité », a insisté Gabriel Rufyiri
De son côté, Gabriel Rufyiri, l’un des leaders de la société civile burundaise connu pour son engagement dans la lutte contre la corruption et pour la bonne gouvernance, estime qu’il est urgent d’agir.
Selon lui, il est incompréhensible que le gouvernement ne prenne pas des mesures adéquates pour mieux protéger les biens de la population contre les incendies récurrents.
« Je lance un vibrant appel au Président de la République afin qu’il organise une réunion de sécurité au cours de laquelle nous pourrions tous contribuer à réfléchir aux moyens de mieux maîtriser les incendies qui ravagent les marchés et les centres commerciaux », a-t-il déclaré.
Et d’ajouter : « Tous ceux qui sont chargés du secteur de la construction doivent également veiller au respect des normes. Ce qui vient de se passer montre que les normes de construction ne sont pas respectées. Les camions-citernes n’ont pas trouvé de passage pour éteindre le feu. Cette situation doit être corrigée dans les autres marchés et centres commerciaux dans les plus brefs délais. »
« Ces incendies répétitifs risquent d’hypothéquer l’image du Burundi en matière de climat des affaires et d’investissements », alerte Faustin Ndikumana
L’organisation « Parole et Actions pour le Réveil des Consciences et l’Évolution des Mentalités (PARCEM) » a également réagi à cette catastrophe. Son directeur national, Faustin Ndikumana, estime que cet incendie constitue un nouveau coup dur pour une économie déjà fragilisée.
« Cet incendie déclaré à la Galerie Ndayizamba et à la Galerie Le Parisien vient de causer un énorme préjudice à l’économie nationale, avec toutes les conséquences qui en découlent », a-t-il indiqué.
Il poursuit : « Nous constatons que ces incendies répétitifs commencent à devenir un véritable fléau national. Le gouvernement devrait prendre des mesures énergiques de prévention ainsi que des dispositions pour renforcer les capacités de réponse face aux incendies. Nous observons une faiblesse des capacités institutionnelles à y faire face. Aujourd’hui, l’utilisation d’hélicoptères de lutte contre les incendies devrait également être envisagée afin de combler les limites des moyens terrestres. »
Faustin Ndikumana estime également que la répétition de ces incendies risque d’hypothéquer l’image du Burundi en matière de climat des affaires et d’investissements. Il propose au gouvernement d’organiser une rencontre réunissant l’ensemble des acteurs concernés afin d’examiner durablement la problématique des incendies dans les marchés et centres commerciaux.
Une série d’incendies depuis le début de l’année
Six marchés et centres commerciaux ont déjà été ravagés par des incendies depuis le début de l’année 2026
Pour rappel, depuis le début de l’année 2026, il s’agit du sixième incendie majeur enregistré dans des marchés et centres commerciaux à travers le pays.
Le 25 janvier, un incendie s’est déclaré au marché des planches situé près du marché Chez Sion ; le 7 mai, une partie du marché de Kinama a été ravagée par le feu ; le 29 mai, une partie du marché de Cibitoke a également pris feu ; le 20 juin, un incendie s’est déclaré au marché des planches de Jabe ; le 9 juillet, le marché de Ngozi a été touché par un violent incendie ; enfin, le 21 août, les Galeries Ndayizamba et Le Parisien ont été détruites par les flammes.
À ce jour, les causes de tous ces incendies demeurent inconnues.