128 journalistes et professionnels des médias tués à travers le monde en 2025, selon la FIJ

Cent vingt-huit journalistes et professionnels des médias ont été tués dans le monde en 2025. Selon le rapport annuel de la Fédération Internationale des Journalistes (FIJ), cette liste inclut 10 femmes et 9 décès survenus à la suite d’accidents. La FIJ déplore l’impunité persistante et l’échec des autorités à protéger les professionnels des médias. Elle appelle à mettre fin au cycle de violence à l’encontre des journalistes en 2026.

Cette liste, publiée le 31 décembre 2025 par la FIJ, révèle un chiffre accablant de 128 journalistes et professionnels des médias tués au cours de l’année 2025 à travers le monde. Parmi ces 128 morts, 10 sont des femmes. La région du Moyen-Orient et du monde arabe arrive en tête de cette liste avec 74 journalistes et professionnels des médias tués, dont 56 en Palestine, soit 58 % de tous les professionnels des médias tués dans le monde. Sur le continent africain, 18 journalistes et professionnels des médias ont été recensés, dont un journaliste burundais, Pacifique Nkeshimana, mort dans un accident de la route survenu le 30 novembre 2025 à Kigali, au Rwanda. Pacifique Nkeshimana rentrait de son travail quotidien.

La FIJ déplore l’augmentation du nombre de journalistes et professionnels des médias tués cette année par rapport à 2024, où 122 décès avaient été recensés, dont 14 femmes. Cette organisation, qui rassemble les professionnels des médias du monde entier, déplore également l’impunité persistante pour ceux qui tuent injustement des journalistes pour avoir simplement exercé leur métier.

« 128 journalistes tués en une seule année, ce n’est pas qu’une statistique : c’est une crise mondiale. Ces morts sont un rappel brutal que les journalistes sont pris pour cibles en toute impunité, simplement pour avoir exercé leur métier », a indiqué Anthony Bellanger, Secrétaire général de la FIJ.

Ce dernier appelle les gouvernements à protéger les journalistes et à traduire en justice ceux qui commettent des homicides à leur encontre.

« Les gouvernements doivent agir dès maintenant pour protéger les professionnels des médias, traduire les assassins en justice et défendre la liberté de la presse. Le monde ne peut plus attendre : il est temps d’adopter une convention des Nations unies garantissant partout la sécurité et l’indépendance des journalistes », a renchéri Anthony Bellanger.

À côté des journalistes tués, 533 autres se trouvent derrière les barreaux en 2025


128 journalistes et professionnels des médias tués en 2025, 533 autres se trouvent derrière les barreaux

Selon ce même rapport annuel de la FIJ, à côté des 128 journalistes et professionnels des médias tués en 2025, 533 autres se trouvent derrière les barreaux. La Chine occupe la première place avec 136 journalistes en prison, auxquels il faut ajouter sept autres journalistes à Hong Kong.

En Afrique subsaharienne, 27 journalistes sont détenus dans différentes prisons, selon le même rapport de la FIJ. Au Burundi, parmi deux journalistes détenus jusqu’à présent (Sandra Muhoza et Kenny Claude Nduwimana), un seul a été recensé par la FIJ : Sandra Muhoza.

L’ONG Reporters Sans Frontières, quant à elle, a recensé, jusqu’au 1er décembre 2025, 67 journalistes tués au cours de l’année, 503 journalistes détenus, 20 journalistes pris en otage et 135 autres disparus, certains depuis plus de 30 ans.

Depuis 1990, date du lancement de sa liste annuelle, la FIJ a recensé 3 173 journalistes tués dans le monde, soit une moyenne de 91 par an, dont 876 au cours de la dernière décennie. Un sombre rappel que le travail de la presse reste mortel dans de nombreux pays.