Faux : Lino-G n’a pas été arrêté en Belgique, où il se prépare à son premier concert en Europe

Lino G, artiste burundais de son vrai nom Nduwayezu Lin, n’a pas été arrêté en Belgique, où il se prépare à son premier concert en Europe prévu ce soir, 03 avril 2026, contrairement à ce qui circule sur les réseaux sociaux. La photo d’illustration montrant Lino G menotté entre deux policiers belges n’est pas authentique : elle a été générée par une intelligence artificielle.

Alors qu’il s’apprête à donner un concert inédit aux côtés de ses collègues Drama-T, Joël Houghton, DJ Paulin et Amir Pro à Bruxelles, précisément à Blu Brussels, quelques publications circulent sur les réseaux sociaux, notamment Facebook et WhatsApp, depuis très tôt ce matin du 03 avril 2026. Ces publications affirment qu’une arrestation de ce chanteur-compositeur natif de Kayanza aurait eu lieu à Bruxelles, où il est arrivé le 31 mars 2026.

Vite devenue virale, avec plus de 1 500 mentions “J’aime” et plus de 150 commentaires, la première publication sur cette arrestation a été postée sur la page d’un certain « Stein Steve ». Cette publication se lisait ainsi (traduite littéralement) : « Lino-G a été arrêté après avoir fumé du cannabis en public. Pourtant, il s’était habitué à cette pratique au Burundi, mais certains disent qu’il a emporté cette habitude en Belgique, où il a été sanctionné d’une amende de 100 Euro. »

Les captures d’écran de ce post ont rapidement été partagées dans les groupes WhatsApp, certains pour vérifier la véracité de l’information, d’autres pour “informer”. Peu après, d’autres pages ont relayé cette information, notamment la page « Ond Quavo Official ». Cette dernière est allée plus loin pour justifier la véracité de sa publication en citant sa source : Landry Promoter, actuellement manager de l’artiste Lino-G.

La page a publié la même photo utilisée par « Stein Steve », montrant Lino-G menotté entre deux policiers belges, accompagnée de la légende suivante : « Lino-G, votre artiste préféré, a été arrêté. L’information m’a été donnée par Landry Promoter. Il a été pris en flagrant délit de possession de cannabis. »

Une manipulation pure et simple

« L’image a été modifiée à l’aide d’une intelligence artificielle à 89% », confirme Hive Moderation

Après le large partage de cette publication sur WhatsApp et Facebook, l’équipe « Shikiriza Check » a entamé une vérification pour confirmer ou infirmer les faits. Sur les réseaux sociaux de Lino-G, aucune trace de son arrestation n’a été trouvée. Nous avons également consulté les pages des autres artistes présents avec lui en Belgique : rien n’a mentionné l’arrestation de Lino-G.

Nous avons poursuivi nos recherches sur la page officielle de son manager, cité comme source de l’information. Nous y avons trouvé un démenti clair : « Lino-G Umvukuri a un concert ce soir, mais certaines personnes répandent ces informations ; ce n’est pas vrai, c’est de l’IA. Que personne ne s’inquiète. Nous avons échangé avec Lino-G. »

La vérification de la photo avec Hive Moderation a confirmé ce que son manager indiquait : l’image a été modifiée à l’aide d’une intelligence artificielle et n’a aucun lien avec la réalité.

Les fake news au service de la course aux vues et aux abonnés


« Faux, Lino-G Umvukuri n’a pas été arrêté en Belgique », confirment nos recherches et vérifications

À l’ère des réseaux sociaux, l’information circule plus vite que jamais. Chaque “like”, partage ou commentaire peut transformer une simple publication en phénomène viral. Mais cette viralité n’est pas toujours synonyme de vérité. De plus en plus de créateurs de contenu Burundais semblent prêts à tout pour attirer l’attention, y compris diffuser des informations mensongères ou manipulées.

Les fake news, ou informations délibérément fausses, ne sont plus seulement le domaine des campagnes politiques. Sur des plateformes comme Facebook, certaines pages et influenceurs burundais utilisent des titres sensationnels, des vidéos tronquées ou des images manipulées pour capter l’attention. Leur objectif est de générer un maximum de vues et augmenter le nombre d’abonnés, ce qui peut se traduire par des revenus publicitaires ou un prestige en ligne.

Cette pratique crée un cercle vicieux. Plus une fausse information est partagée, plus elle devient crédible aux yeux de certains internautes, renforçant la popularité de ceux qui la diffusent. Les algorithmes des réseaux sociaux, favorisant le contenu viral, accentuent ce phénomène. La diffusion massive de fake news a des effets concrets sur la société. Elle peut semer la peur, créer des tensions, influencer des opinions ou même modifier des comportements. Sur le plan individuel, les internautes peuvent être manipulés ou perdre confiance dans les médias sérieux, fragilisant le tissu social et démocratique.

Pour contrer cette pratique, le rôle des utilisateurs est crucial. Vérifier les sources, croiser les informations et signaler les contenus douteux sont des actions simples mais efficaces. Pour les sujets concernant le Burundi et/ou la région des Grands Lacs, l’équipe « Shikiriza Check » peut aussi vous aider à les vérifier. Il suffit de nous envoyer ces contenus douteux au numéro whatsapp +257 61 586 190. Apprendre l’éducation aux médias et à l’information est également essentielle pour être capable de distinguer le vrai du faux dans un océan de contenus numériques.

La quête de vues et d’abonnés ne doit pas se faire au détriment de la vérité. Ceux qui le font doivent savoir que les fake news peuvent rapporter de la notoriété à court terme, mais elles fragilisent la crédibilité et ont un coût social élevé. Face à cette course effrénée à la viralité, vigilance et esprit critique restent nos meilleures armes pour naviguer dans l’univers numérique.